Des faits sourcés, pas des slogans.

Nous lisons les accords d'entreprise déposés et les avenants de la convention collective publiés au Journal officiel, tous librement consultables. Voici ce que nous y avons trouvé, chiffre par chiffre, vérifiable par n'importe qui.

Constat 01

Selon votre place dans la grille, vous n'avez pas reçu la même augmentation

Deux hausses coexistent chaque année · celle des minimums de la convention collective de branche, obligatoire pour tous les employeurs du secteur, et celle négociée dans l'entreprise. Beaucoup de salariés croient qu'elles s'ajoutent. Dans la plupart des cas, elles ne s'ajoutent pas.

En 2026, la grille de la convention collective des services de l'automobile a été revalorisée de 1,25 % en moyenne au 1er mai. L'accord d'entreprise prévoit une augmentation générale employés de 1,20 %.

Si votre salaire de base est au minimum de votre échelon

L'employeur doit d'abord vous remettre au nouveau minimum de la grille. Cette mise à niveau représente environ 1,25 % et elle absorbe l'augmentation générale · vous recevez la plus élevée des deux, pas leur addition. Autrement dit, l'augmentation que vous avez réellement perçue est celle que la convention collective imposait déjà à tous les employeurs de la branche.

Si votre salaire de base est au-dessus du minimum de votre échelon

La revalorisation de branche ne vous atteint pas, puisque votre base dépasse déjà le nouveau minimum. C'est l'augmentation générale de 1,20 % qui s'applique.

Ce mécanisme est légal · l'absorption d'une augmentation d'entreprise par la mise à niveau au minimum conventionnel est licite tant qu'un accord ne l'écarte pas expressément. Nous ne contestons pas sa légalité, nous demandons qu'il soit écarté par le prochain accord.
AnnéeRevalorisation des minima de brancheAugmentation générale prévue par l'accord d'entreprisePour un salarié au minimum de son échelon
2024 · avenant 105+1,13 %2,50 %2,50 %, la plus favorable
2025 · avenant 108+2,02 %2,00 %2,02 %, soit la branche
2026 · avenant 110+1,25 %1,20 %1,25 %, soit la branche

Lecture · en 2024, la négociation d'entreprise apportait encore quelque chose au-delà de l'obligation de branche. Sur les deux exercices suivants, pour les salaires situés au minimum de leur échelon, l'augmentation perçue correspond à la revalorisation de branche. Les salariés payés au-dessus du minimum ont perçu, eux, l'augmentation générale de l'entreprise.

Sources · avenants aux salaires minima IDCC 1090 publiés au Journal officiel, et accords de négociation annuelle déposés sur la base nationale des accords collectifs. Si l'un de ces chiffres est inexact, signalez-le nous, la correction sera publiée.

Constat 02

Le plancher en euros ne figure plus dans le dernier accord

Un plancher exprimé en euros garantit à chacun le même montant minimal, quel que soit son salaire. C'est le seul mécanisme qui empêche une augmentation en pourcentage de creuser l'écart entre le haut et le bas de la grille.

  • 42 € dans l'accord 2022
  • 36 € dans l'accord 2025
  • aucun plancher dans l'accord 2026

Sans plancher, une augmentation exprimée en pourcentage rapporte mécaniquement le montant le plus faible à celles et ceux qui gagnent le moins. Son rétablissement est notre première revendication, avec une augmentation exprimée en euros plutôt qu'en pourcentage.

Constat 03

Un forfait de télétravail existe dans le barème, pas dans nos accords

Électricité, chauffage, connexion. Quand le travail se fait à domicile, une partie des frais de l'entreprise passe sur le budget du salarié.

Le barème de l'URSSAF 2026 admet une allocation forfaitaire de 2,70 € par journée de télétravail, dans la limite de 59,40 € par mois, portée à 3,30 € par jour lorsqu'un accord collectif le prévoit. Elle est exonérée de cotisations, elle ne coûte donc pas de charges à l'employeur. À notre connaissance, aucune allocation de ce type ne figure dans les accords applicables. Sur une année, deux jours par semaine représentent environ 240 € au tarif du barème, qui restent à la charge du salarié. Pour les fonctions qui s'exercent intégralement à distance, le sujet cesse d'être symbolique.

Méthode

D'où viennent ces chiffres

  • Les avenants aux salaires minima de la convention collective des services de l'automobile, IDCC 1090, publiés au Journal officiel · avenants 104, 105, 108, 109 et 110.
  • Les accords d'entreprise déposés, consultables librement sur la base nationale des accords collectifs.
  • Le code du travail et le barème URSSAF des frais professionnels.
  • Des bulletins de paie anonymisés, transmis volontairement par des collègues, jamais publiés ni identifiables.

Aucun de ces documents n'est confidentiel. Nous n'utilisons ni information présentée comme confidentielle au comité, ni donnée de la base de données économiques, sociales et environnementales. Chaque élément cité est communicable sur simple demande, et toute erreur signalée est corrigée.

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